Irlande : la loi sur l’avortement votée en première lecture

10 Décembre, 2018
Provenance: fsspx.news

La légalisation de l’avortement a franchi une nouvelle étape en République d’Irlande, avec le vote d’un projet de loi à la Chambre basse le 5 décembre 2018, sans que soient pris en compte les nombreux amendements déposés en faveur de la protection de la vie. 

Les députés du Dáil Éireann – la chambre basse de l’Oireachtas, le parlement national – ont voté à 90 contre 15 et 12 abstentions le projet de régulation d’interruption de grossesse, c'est-à-dire l’avortement ou meurtre de l’enfant à naître. 

Le texte approuvé ouvre l’accès à un avortement « sur demande » jusqu'à la 12e semaine de grossesse, en cas d'anomalie importante du fœtus ou en cas de danger pour la santé physique ou mentale de la mère. C’est une première conséquence du référendum du 25 mai 2018 ayant abrogé le 8e amendement de la Constitution.  

« Nous avons gagné, vous avez perdu : ça fait mal, hein ? », a déclaré la député pro-avortement Kate O’Connell à l’adresse de ses opposants. Ceux-ci ont qualifié ces propos d' « immatures et indignes d’une femme politique ». 

Le texte adopté en première lecture fait fi de plusieurs amendements déposés par les partisans de la défense de l’enfant à naître. Ainsi l’objection de conscience sera-t-elle très encadrée et surveillée, afin de contraindre au maximum les personnels de santé de pratiquer des actes contraires à la santé de l’enfant.   

Si le texte passe en seconde lecture, les médecins généralistes irlandais auront le droit de ne pas pratiquer cette « interruption de grossesse » s’ils ne le souhaitent pas, mais ils seront dans l’obligation de fournir toutes les informations nécessaires aux patientes pour qu’elles aient accès à l’avortement ailleurs, a déclaré Harris Simon, ministre irlandais de la « santé ». 

De plus, le projet de loi permet la manipulation et l’expérimentation sur les fœtus avortés et autorise les jeunes femmes mineures à mettre un terme à leur grossesse sans la permission de leurs parents. Quant aux citoyens contribuables, ils devront payer de leur poche le remboursement de l’avortement. 

« La plupart des voix de ceux qui ont voté contre l'avortement lors du référendum de mai 2018 ont été ignorées », a déploré aussitôt la Conférence des évêques d’Irlande, réagissant au vote des députés. Comment pourrait-il en être autrement en démocratie, où le nombre fait la “vérité” ? 

Le projet de loi sur la légalisation de l'avortement est maintenant soumis à l'examen de la chambre haute du parlement, le Seanad Éireann.