Pie XII : pour en finir avec la légende noire

25 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news

Le Vatican a joué un rôle de premier plan dans la protection des prisonniers de guerre alliés échappés de leur camp, durant la Seconde Guerre mondiale. C’est ce qui ressort d’un ouvrage consacré à l’histoire du MI9, l’une des branches des services secrets britanniques.

Dans le film La Pourpre et le Noir (1983), Mgr Hugh O’Flaherty – interprété par Gregory Peck – cache des prisonniers de guerre au Vatican, nonobstant la réticence des plus hautes autorités de l’Eglise, par crainte de représailles allemandes.

Si Mgr O’Flaherty est une figure bien réelle, le rôle du Saint-Siège dans l’assistance aux soldats alliés est quant à lui largement minoré par la mise en scène.

C’est ce que montre Helen Fry dans un livre paru le 4 septembre 2020, MI9: A History of the Secret Service for Escape and Evasion in World War Two (non traduit à ce jour).

L’historienne explique, documents à l’appui, comment l’ambassade du Royaume-Uni près le Saint-Siège a coordonné les efforts de sauvetage des prisonniers de guerre échappés en Italie, avec l’aide des plus hautes autorités du Vatican.

Ainsi, lorsqu’Albert Penny, marin de la Royal Navy, s’échappe de son camp de prisonniers, c’est bien dans la Cité du Vatican qu’il trouve asile en 1942. Il y restera plus de deux mois, avec un libre accès aux jardins du Vatican, et sera gratifié d’une audience privée avec le pape Pie XII.

« Je l’ai attendu dans la salle du trône où il m’a donné sa bénédiction. Dans un très bon anglais, il m’a dit qu’il était très heureux de pouvoir me rencontrer et me donner sa bénédiction. Il m’a également donné un chapelet », se souvient le marin dont Helen Fry rapporte le témoignage.

« Penny n’était pas un cas isolé – poursuit l’historienne – et lorsque Rome a été libérée le 4 juin 1944, une douzaine de militaires alliés vivaient dans la cité-Etat et des dizaines d’autres se cachaient dans des propriétés appartenant à l’Eglise.

Helen Fry en est persuadée : les informations qu’elle a pu rassembler dans son livre devraient conduire à une réévaluation du pontificat de Pie XII, afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec la légende noire d’un pape complaisant envers le régime nazi.