Etats-Unis : une catholique pro-vie dans l’antichambre de la Cour suprême

28 Septembre, 2020
Provenance: fsspx.news

En désignant une catholique pratiquante opposée à la culture de mort pour succéder à Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des Etats-Unis, le président américain cherche à mobiliser l’électorat chrétien conservateur. Si la nomination d’Amy Coney Barrett est confirmée par le Sénat, la plus haute juridiction américaine comprendra une majorité de juges opposés à l’avortement.

« Vous allez être fantastique ! » La mèche blonde soulevée par la brise légère qui souffle sur la Maison Blanche en cet après-midi du 26 septembre 2020, le président des Etats-Unis annonce sans surprise le nom du successeur de Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême.

Amy Coney Barrett est une juriste renommée outre-Atlantique : si la nomination de cette mère de famille catholique de sept enfants, âgée de 48 ans, opposée à l’avortement et à l’euthanasie, est confirmée par le Sénat, elle viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de la plus haute juridiction américaine.

« Le dogme religieux vit bruyamment en vous », lui reprochait déjà Dianne Feinstein en 2016, tandis que Daniel Goldberg, directeur du lobby progressiste Alliance for Justice, voit dans la nomination d’Amy Coney Barrett, « un fléau pour les droits des femmes à la santé reproductive ».

Donald Trump, lui, n’a cure de ces critiques : « c’est l’une des juristes les plus brillantes et les plus douées du pays », a-t-il d’ailleurs lancé aux journalistes, fier de ce « grand moment » que représente pour lui la troisième nomination à la Cour suprême réalisée durant son mandat présidentiel.

Mais, avant de siéger à la place de la progressiste Ruth Bader Gisburg, Amy Coney Barrett devra passer l’épreuve des auditions au Sénat, qui doivent débuter le 12 octobre prochain.

A cette occasion, la candidate sera probablement malmenée par l’opposition démocrate, qui cherchera sans doute à exploiter la nature de ses liens avec la communauté œcuménique People of Praise, un groupe charismatique qui a peut-être inspiré l’écrivain Margaret Atwood pour écrire son roman The Handmaid Tale – en français La servante écarlate.

Dans cet ouvrage dystopique – ou contre-utopique – parut en 1986 et adapté à l’écran, l’écrivain décrit une communauté très hiérarchisée aux allures de secte, où les femmes sont exploitées. Un rapprochement que dénonce People of Praise sur son site officiel.

Quoi qu’il en soit, les liens entre la juge préconisée et le groupe ont été effacés du site de People Praise depuis 2017, d’après le HuffPost.

De son côté, Amy Coney Barrett a affirmé le jour de sa présentation par le chef de la Maison Blanche : « J’aime les Etats-Unis, et j’aime la constitution des Etats-Unis ! » Il y a peut-être là une référence implicite à l’un de ses mentors, le juge Antonin Scalia, et sa vision « originaliste » du droit, qui veut appliquer la Constitution comme elle a été élaborée, en minimisant par conséquent les jurisprudences.

Ainsi, le choix d’Amy Coney Barrett – ACB comme l’ont déjà nommée ses supporters – est tout sauf innocent : Donald Trump, en quête de réélection, cherche à capter vers lui un électorat chrétien conservateur – qu’il soit issu des rangs républicains ou démocrates – qui l’a déjà largement aidé à conquérir la Maison Blanche, il y a quatre ans.

La stratégie du magnat américain de l’immobilier sera-t-elle payante ? Réponse le 3 novembre prochain.